Pourquoi je kiffe la science ?

Je prends la suite de la chaîne initiée par mes amis du Café des Sciences qui ont révélé « Pourquoi ils kiffent la Science » (Sirtin SciencePourquoi Comment CombienÇà se passe là hautLe webinet des curiositésTout se passe comme siPourquoi le ciel est bleuLes coulisses de Podcast Science)

A mon tour de vous dévoiler quelque peu cette grande passion qu’est pour moi la compréhension du monde, par l’approche scientifique…

Cet attrait pour les Sciences n’est pas venu très tôt : au primaire/collège, j’étais assez douée en matières scientifiques, mais plutôt parce que je voulais jouer mon élève brillante qui veut faire plaisir à ses parents et à ses profs (orgueilleuse, je trouve avec le recul !! tout ce que je fuis maintenant, si si c’est vrai !). Les cours de sciences physiques et naturelles, c’était bien, mais j’abordais cela de façon beaucoup trop scolaire : leçons à apprendre (quasiment par cœur) , exercices d’applications… ce qui m’empêchait de recouper avec la réalité du terrain, du quotidien !
Le premier déclic s’est produit en classe de 4e au moment des premiers cours de géométrie et des fameux théorèmes de Thalès et Pythagore ! J’adorais ces petits casses têtes, qui nous forçaient à réfléchir (sans appliquer de formules toutes faites), retourner le dessin dans nos esprits jusqu’à découvrir « le » triangle rectangle (celui qui nous arrangeait bien) pour y chercher les rapports de proportionnalité, et finalement EUréka ! « démontrer » la relation qui nous était demandée… J’éclatais de joie (intérieurement!), comme si j’avais découvert un trésor après un long jeu de piste…

Cette euphorie de l’Eurêka face à un problème mathématique,  m’a suivie jusqu’au lycée : je crois que mon cerveau était flatté d’être mis à l’épreuve et de réussir à trouver la réponse…  Je voyais vraiment cela comme un jeu !

A côté de cela, le second déclic notable fut le cours de chimie en classe de seconde : je découvre les couches électroniques des atomes et la liaison covalente qui permet d’expliquer quasiment toutes les formules des corps les plus courants (l’eau, les hydrocarbures, l’ammoniac, le CO2 …). C’est la révélation : je me rends compte que les assemblages sur le papier avec ces atomes qui se donnent la main, permettent d’expliquer en partie le monde qui nous entoure ! c’est formidable …
Les cours de physique s’enchaînent ensuite avec une facilité déconcertante dès que le prof parvient à nous montrer des applications de la vie quotidienne. Je commence alors à poser tout un tas de questions et j’attends qu’on me démontre les choses par la science, car c’est la seule façon pour moi d’être convaincue !

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Livre de Garth Sundem : « Brain Candy: Science, Paradoxes, Puzzles, Logic, and Illogic to Nourish Your Neurons »

Après le lycée, je suis tombée de haut ! les maths des classes prépa m’ont paru vraiment (mais vraiment) trop compliquées, trop abstraites  : le jeu de la recherche d’énigme était terminé !
Les matières plus appliquées comme la physique et la chimie étaient moins rébarbatives : mais nous étions tout de même, dans le monde du « trop » et « trop vite »… je crois que j’avais le cerveau trop lent (l’orgueilleuse redescend sur terre) pour tout ingurgiter et surtout faire le parallèle avec la réalité !! bref,  mon attrait pour les sciences est retombé comme un soufflet pendant cette période-làje me suis juste contentée de suivre le reste de la troupe (chut ! ne le dites pas, j’ai décroché les concours, surtout grâce aux matières littéraires, c’est pour dire ! )

J’intègre une école d’ingénieurs en génie des procédés à Nancy (ou génie chimique si vous préférez, mais moi j’aime moins cette expression)…sans vraiment savoir ce qui se cachait exactement derrière ce terme. Mais grand bien m’en prit… car, même si tous les profs n’étaient pas des génies de l’enseignement, certains d’entre eux ont su faire renaître la flamme ! ceux qui étaient plus posés, plus construits, plus éloignés de leur papier; moins calculatoires… ceux qui nous demandaient de réfléchir, de stimuler nos méninges, nos neurones, nos mémoires, notre logique !
Concernant le domaine de cette école, je crois que cela me correspondait tout à fait : le génie des procédés a cette capacité de prendre en compte toutes les informations de nombreuses disciplines*, trouver le bon compromis pour satisfaire toutes les contraintes et bâtir un bel assemblage de machines qui produit efficacement ! un beau travail de synthèse qui fait cogiter les neurones ! Je suis toujours admirative quand tout cela est parfaitement ajusté.

J’ai aussi découvert la joie de chercher par soi même (et de trouver parfois!)  : non plus rechercher la piste vers une solution qui existe déjà mais partir à l’aventure dans un chemin nouveau ou du moins peu exploré…Quelques mois passés dans un laboratoire de l’école et me voilà contaminée par le virus… les trois ans de thèse qui s’en suivent me permettent de me rendre compte que vraiment je kiffe la Science : elle nous remet à notre juste place avec nos limites, nous fait toucher du doigt l’infinité de nos lacunes, mais  bien malgré cela, avec le peu qu’on sait, elle nous permet de comprendre les rouages d’un phénomène, anticiper le Monde, voire intervenir sur lui.

A l’heure actuelle, mon quotidien professionnel (je baigne dans le grand procédé de la production d’électricité) me permet de décortiquer un process (est-il bien adapté à ce qu’on souhaite?), de vérifier les affirmations de certains commerciaux qui nous promettent des produits miracles, de former du personnel. Sur ce dernier point, j’essaie de  transmettre ma passion en donnant les clés aux membres de mon public pour leur faire voir leur métier sous un angle plus scientifique (certains sont malheureusement assez réfractaires). Comment ? en leur faisant comprendre quel(s) phénomène(s) se cache(nt)  lorsqu’ils ouvrent une vanne, ou qu’ils injectent un produit ou qu’ils surveillent le panache de leur réfrigérant. Je kiffe toujours autant cette Science-là,  car j’en apprends tous les jours (grâce à des retours d’expérience par exemple).

fractales

Source ICI

Oui mais bon ! il manque un peu de sel là-dedans … c’est la raison d’être de ce blog. Il me permet de rester curieuse et d’en faire profiter les autres : j’aime bien sauter d’un sujet à un autre, m’écarter de tout ce que j’ai étudié, regarder dans l’assiette du voisin…Mes enfants avec leurs questions et leurs yeux tous neufs m’en donnent l’opportunité, les revues que je lis également, sans oublier les aléas de la vie (l’AVC de ma mère l’an dernier m’a fait dévorer des tas de bouquins sur le cerveau et la plasticité) ; mes propres doutes de maman aussi sont très moteurs (les raisons d’être de mes lectures/synthèses sur l’allaitement)

Je conclurai en disant qu’apprécier le monde sous l’angle scientifique, c’est génial ! mais je crois qu’il faut également autre chose. Les approches artistiques me sont tout autant nécessaires (je brode, je peins, je danse et je violone…) car tout cela, je kiffe aussi et çà me fait croquer la Vie à pleines dents !

Ce post en version AUdio ?

* Chimie, thermodynamique, métallurgie, mécanique, transferts de chaleur, environnement, régulation, techniques de séparation, analyse …

8 comments for “Pourquoi je kiffe la science ?

  1. 16/05/2013 at 19:57

    J’espère que c’est marqué « Génie des procédés » en toutes lettres sur tes cartes de visite… Plus classe que ça, c’est pas possible 😉

    • 17/05/2013 at 07:53

      Pas de carte de visite 🙁
      Quoique je devrais peut etre…d’habitude, les gens (hommes) pensent que je suis la secrétaire…

      • 19/05/2013 at 22:07

        Pfff, les stéréotypes sont résiliants…

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