Liaisons vitales

Il y a quelques jours, je vous parlais de Charles Darwin, à l’occasion du Darwin Day… Sa célèbre « théorie de l’évolution » est souvent résumée de façon très réductrice à « la loi du plus fort ! ». Or, c’est plutôt la loi de ceux qui sont le plus « adaptés » à leur environnement, de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu, et pas forcément par leur force physique.

Dans le monde animal, c’est vrai qu’on a en tête de nombreux exemples de compétitions pour occuper un territoire, pour l’accès à la nourriture ou de luttes au sein des relations prédateur/proie… Mais les interactions animales ne se réduisent pas au « chacun pour soi » et aux relations « dominant/dominé », loin de là ! Il existe également une riche coopération au sein d’une famille, d’un groupe ou même entre individus de différentes espèces.

Affiche de l’Exposition

 

C’est l’objet de l’Exposition temporaire  « Liaisons Vitales » actuellement visible au Musée d’Histoire Naturelle de Lille, qui a été inaugurée le 30 octobre dernier et restera en place jusqu’au 20 avril 2020. Cela vous laisse le temps d’aller la découvrir pour celles et ceux qui sont dans le coin. Je vous en avais parlé rapidement dans mon billet « Bilan« .

J’aimerais y revenir avec plus de détails car elle est particulièrement riche en informations et nous dévoile un côté pas forcément très connu du monde animal.

Cette exposition met l’accent sur l’intelligence des animaux (ils prévoient, ils communiquent, ils anticipent, ils calculent !) et les relations d’entraide et de partage qu’ils développent. Les exemples sélectionnés sont sidérants ! Alors en voici un petit aperçu.

Inauguration de l’Exposition « Liaisons Vitales » le 30 octobre 2019

Recherche et partage de nourriture
Dans le monde animal, on peut coopérer pour la recherche et le partage de nourriture ! Et ça se comprend aisément finalement. Certains animaux agissent ensemble afin de maximiser leurs chances d’attraper de plus grosses proies : c’est ainsi que les pélicans pêchent de façon collective !

Les pélicans pratiquent la pêche collective.

Les vautours se partagent aussi l’information lorsque l’un d’eux a trouvé un cadavre, ils peuvent ainsi se nourrir tous ensemble…

Les vautours coopèrent pour partager leurs ressources

Transmission culturelle
Une information assez incroyable concerne la mésange bleue qui, en Angleterre, a appris à percer les opercules des bouteilles de lait afin de déguster la crème.

Cette pratique a fait l’objet d’une transmission culturelle très rapide au sein de l’espèce, par imitation des individus les uns des autres.

La vie en groupe et les soins de la famille
On connaît généralement assez bien la prise en charge des « petits » par les deux parents dans le monde des oiseaux. Mais cela existe aussi chez les mammifères et mêmes chez certains poissons !
Certaines espèces ont même poussé le bouchon jusqu’à confier les soins des juvéniles à d’autres adultes… Une sorte de garderie ! Chez les flamants roses par exemple, il y a des « crèches collectives » pour la garde des petits !

La communication au sein de groupes

La communication entre individus au sein d’une espèce animale est plus élaborée qu’il n’y paraît.  Chez les oiseaux, les cris permettent d’assurer la cohésion du groupe.  Chez certaines espèces, les cris diffèrent selon la menace ce qui permet de prévenir les autres de la nature du danger indiquant par là, le mode d’action à adopter (fuir, se cacher). Bref, elle est vitale !

Les gallinacées communiquent différemment selon le type de danger.

Pour aller plus loin…
Qui se cache derrière tout cela ? C’est bien sûr le Musée d’Histoire Naturelle de Lille qui a conçu cette belle exposition : Muriel Lecouvez, commissaire de l’exposition et responsable des collections zoologiques et Valérie Thieffry, muséographe et chargée de projet. Mais elles ont travaillé avec une conseillère scientifique en la personne d’Agatha Liévin-Bazin, du Café des Sciences (son blog) qui a commencé à réfléchir à cette thématique de « Liaisons vitales » alors qu’elle soutenait sa thèse en Ethologie* fin 2017.  Après plusieurs heures de travail, d’organisation, de collaboration, le projet a pu prendre vie. Agatha, outre l’aide à la préparation des cartels de l’expo, a réalisé un gros travail de collecte de matière : des articles biblio, des photos, des détails auprès de scientifiques et de sons aussi.. Parce que oui, dans l’expo. tous vos sens sont solliciter et vous pourrez écouter des cris d’animaux, des chants d’oiseaux.

*Ethologie : Etude du comportement des animaux dans leur milieu de vie naturelle.

Agatha conseillère scientifique de l’exposition « Liaisons Vitales »

Quelques jours après l’inauguration, on a même eu droit à une chouette conférence riche en détails intitulée « Un pour tous, tous pour un ! ». On a eu du mal à quitter nos chaises, car c’était passionnant ! Agatha a pu nous montrer plusieurs exemples de coopération entre animaux et traiter d’autres sujets tels que l’empathie ou l’utilisation d’outils.

Je n’en citerai qu’un : celui du Corneille de Nouvelle-Calédonie. Saviez-vous par exemple, que cet oiseau utilisait des morceaux de branches particulières qu’il tord et taille pour en faire un outil permettant de récupérer des larves sans cela inaccessibles ? Il est aussi capable de « tailler » les feuilles de certains arbres pour en faire des outils permettant de récupérer de la nourriture.

Voici une petit vidéo qui illustre la faculté de ces oiseaux à utiliser des outils !

Absolument fascinant !

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