Darwin day !

Le 12 février, c’est le Darwin Day… (oui, c’était il y a deux jours 🙂 ) Pourquoi cette date ? Tout simplement parce que Charles Darwin est né le 12 février 1809. Le Darwin Day est donc une très belle occasion de pouvoir parler chaque année de ce grand homme et de découvrir de nouvelles anecdotes sur sa vie, la façon dont il a travaillé pour bâtir cette belle théorie qui explique notre Monde. Belle surtout parce qu’elle fonctionne fichtrement bien, il faut le dire.

Alors la vie de Charles Darwin, elle consistait en quoi ?

Charles Darwin, un incroyable expérimentateur

Charles Darwin était un expérimentateur né. Tout petit déjà, avec son frère aîné Erasmus, il se livre à des tas d’expériences de chimie dans le « laboratoire » improvisé, au fond du jardin de leurs parents.
Et toute sa vie, il n’aura de cesse de chercher à comprendre, à tester mais avant tout à observer. En effet, pour Charles Darwin, être expérimentateur, c’est être un observateur minutieux afin de collecter un maximum de données permettant de relier des faits, des caractères et d’en tirer des lois qu’il faudra ensuite confronter à de nouvelles observations !

Alors il passe sa vie à observer, poser des questions et noter les moindres détails sur les animaux et plantes qui se présentent à lui (ou qu’il recherche). Il consigne ainsi les couleurs, les détails, le comportement, la structure, la fonction et ne peut s’empêcher de s’émerveiller de l’adaptation de tous ces specimens pour la course à la vie.
Son but est de comprendre quelles sont ces adaptations au milieu de vie et la façon dont l’adaptation a émergé.

Une histoire de balanes
Il a beaucoup étudié les balanes (ou cirripèdes), des crustacés qui vivent sur des rochers à l’abri d’une coquille. Il s’y est intéressé à plusieurs reprises dans sa vie. Mais ce que je trouve un peu drôle c’est que le premier specimen qu’il a trouvé était très curieux et il s’est un peu trompé sur l’identification : il pensait qu’il s’agissait d’un mâle à deux pénis. En fait, c’était une femelle avec deux appendices filaments. Il n’a pu rencontrer le mâle que plusieurs années plus tard ! (NP : Les cirripèdes sont en général hermaphrodites ; celui-là faisait peut-être exception à la règle).

Des balanes, crustacés ! Objet d’étude de Charles Darwin.

Comme quoi, il faut accepter de « se planter » pour faire progresser nos connaissances.

L’étape de recherche bibliographique est cruciale
C’est le cas pour tout bon chercheur qui se lance dans un nouveau sujet : passer du temps à se documenter est une des clés de la réussite !
Charles Darwin l’avait bien compris. Quand il s’attaque à une question qui lui taraude l’esprit, il passe des heures et des heures à lire et ce, de façon la plus exhaustive possible. Il plonge dans tous les ouvrages, les publications qui traitent du sujet qui l’intéresse et cherche à rencontrer ses contemporains – scientifiques ou non- pour aller encore plus loin, comprendre leur point de vue, fouiller les expériences déjà menées etc. Rien n’est laissé au hasard !

Le monde des abeilles le fascinait !
Charles Darwin a toujours été admiratif et passionné par les insectes. Il trouvait leur comportement étonnant. Tout jeune déjà, il collectionne les scarabées et les observe de près !


Adulte, il passe des heures avec ses enfants à observer les allers et venues des abeilles dans son jardin… Quel est leur cheminement ? Où s’arrêtent-elles ? Où bourdonnent-elles le plus ?
Il constate ainsi que les routes empruntées sont souvent les mêmes. Comment apprennent-elles d’une génération à l’autre ? Quels marqueurs utilisent-elles pour se repérer ?
Mais il n’avait pas en main encore toutes les clés notamment l’histoire des phéromones produites par les abeilles, un moyen de communication qui leur permet de « marquer » un chemin, un territoire.

Il passe aussi de longues heures à tenter de comprendre la genèse des alvéoles de cire ! Comment cette architecture complexe et si géométriquement parfaite peut-elle émerger de ces minuscules êtres vivants ? C’est comme si elles avaient le compas dans l’œil, au sens propre ?

George Robert Waterhouse, naturaliste anglais, ami de Darwin

Un ami naturaliste, George Waterhouse, lui souffle l’idée que les alvéoles hexagonales ne sont peut-être en fait qu’une transformation de structures cylindriques plus faciles à construire. C’est la façon de faire la plus probable et puis dans le monde animal, la forme sphérique ou circulaire est assez répandue (la construction des nids).

Darwin est séduit par l’idée : les abeilles bâtissent des cylindres qui peu à peu se juxtaposent. Un cylindre est donc entouré de 6 voisins identiques puis de la cire est enlevée au niveau des espaces contigus : les formes arrondies se transforment alors en formes hexagonales.
Mais Darwin n’est pas pleinement satisfait, alors il multiplie les expériences, fournit de la cire « marquée » de couleur à des abeilles et observe pour comprendre la mise en place de cette architecture.

Quel lien avec l’évolution ?
Darwin pense que la sélection naturelle avait fait son oeuvre chez les ancêtres des abeilles pour favoriser cette structure à symétrie hexagonale. Un moyen de leur faire économiser de l’énergie.
Il recherche alors d’autres espèces d’insectes, plus ou moins proches dans la classification du vivant qu’il connaît, qui construisent aussi des alvéoles. Quelles en sont les formes ? Ainsi les bourdons construisent des alvéoles sphériques agencées sans ordre parce qu’ils ne vivent qu’une seule saison. Il découvre également une espèce particulière d’abeilles au Mexique qui construit des rayons à base sphériques et cylindrique avec des parois plates au niveau des intersections ! C’était le « chaînon manquant » qu’il lui fallait trouver pour étayer sa théorie.

Une vie passionnante, n’est-ce pas ! Rendez-vous l’an prochain pour Darwin Day pour de nouvelles anecdotes.

Source :
James T. Costa, « Darwin Backyard – How small experiments led to a big theory », 2017

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