De belles rencontres à la campagne

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas évoqué mes belles rencontres sur les routes de ma campagne. Pourtant, j’ai profité de quelques balades dès le début du printemps pour régaler mes yeux et stimuler mes neurones : je suis tombée sur quelques fleurs et bestioles fort jolies et quelques phénomènes intéressants (mais pour ces derniers, je vous en parlerai un peu plus tard car ils méritent un billet dédié) ! Bref, voici quelques clichés des petites merveilles de la campagne. A vous de juger.


Parmi les fleurs
Sur les chemins de campagne, les fleurs arborent leurs plus attirantes couleurs pour séduire les pollinisateurs (mais aussi repousser les prédateurs). Bref, je croise le long des chemins le myosotis, le géranium vivace, le lamier pourpre, la véronique de Perse et des fleurs de silène.

Voici le myosotis, de la famille des boraginacées. En anglais, on dit « Forget me not » (« ne m’oublie pas »), qui fait référence à une ancienne légende. Ainsi, le myosotis est devenu le symbole de la maladie d’Alzheimer, qui se caractérise par une perte de mémoire.
Myosotis (avril 2019)

Ci-dessous,voici du Geranium vivace (ou Geranium à grosses racines) de la famille de Géraniacées. C’est une plante rustique qui ne craint pas le gel et pousse dans des endroits ombragés.

Le geranium vivace (avril 2019)

Il semble que cette fleur de géranium soit comestible et constitue une source d’anti-oxydants. Cela s’explique par la présence de différents composés tels que la quercétine (un flavanol, une famille dont je vous avais déjà parlé ici).

Très fréquente le long des chemins, le lamier pourpre (Lamium purpureum), plante herbacée annuelle de la famille des Lamiacées est considéré comme une mauvaise herbe. Et pourtant, je trouve qu’elle ne manque pas de charme et ses fleurs sont assez originales. Ses feuilles ressemblent fort à celles de l’ortie (les piquants en moins) d’ailleurs la plante a des propriétés médicinales anti oxydantes et anti-inflammatoire ; les fleurs sont utilisées en tisane pour soigner la bronchite.

Lamier pourpre

Lamier pourpre, de plus près

La jolie fleur ci-dessous est la Véronique de Perse (Veronica percica) de la famille des Scrophulariacées (rien que le mot vaut le coup d’être connu) !

Véronique de Perse

Véronique de Perse

Elle est jolie je trouve mais en plus, elle offre de belles applications médicinales. Ainsi, des extraits riches en phénol de la belle véronique ont montré une action sur les enzymes impliquées dans le diabète de type 2. Elle aurait aussi un effet contre l’hypertension.

Puis assez classique aussi sur nos chemins : la silène de la famille des Caryophyllacées, une famille de plantes très étudiée par les évolutionnistes. Elle l’est toujours car c’est un modèle pour analyser les problématiques écologiques et des questions sur l’évolution.

La silène

Le genre d’études qui est menée concerne le champignon pathogène Mycrobotryum, qui parasite la plante (par le biais des pollinisateurs) et provoque chez elle « la maladie du charbon » (les anthères qui produisent le pollen deviennent noirs).

Evidemment, je croise aussi des orties ! Gare au toucher, car les aiguilles cassent au moindre contact et sont prêtes à vous instiller leur substance urticante (un savant mélange d’acide formique, d’acétylcholine, d’histamine).

Les poils de l’ortie vus d’un peu plus près, ils cassent au moindre contact

Parmi les insectes
Alors qui dit fleurs, dit insectes… Et si on regarde attentivement, c’est tout un monde qui vit à nos côtés.
J’ai croisé à deux reprises la route de l’œdemère noble (Oedemera nobilis), un coléoptère aux couleurs métalliques incroyables.
Ce qui frappe, ce sont ces petits renflements sur les fémurs (cela caractérise les mâles) et ces longues antennes.

Un œdemère noble mâle

Un autre œdemère noble mâle

Alors sur la lavande et le romarin, en y regardant bien, vous pouvez facilement dénicher d’autres espèces de coléoptères. Ils ont eux aussi l’aspect métallique et de belles couleurs irisées ! Ce sont des Chrysomèles ! Ils sont friands de romarin.

Le chrysomèle sur brin de lavande

Chrysomèle sur du romarin

Ci-dessous une photo de Wikipedia, pour vous montrer combien les rayures des élytres aux couleurs iridescentes sont splendides.

Une belle équipe de chrysomèle sur un brin de lavande

On peut y voir les petits trous qui composent les élytres ! Une belle adaptation permettant d’alléger le poids de ces ailes protectrices (elles ne servent pas à voler) qui doivent se déloger facilement pour faire place aux ailes sous-jacentes et permettre l’envol. Ces petits trous ne sont que la partie visible de l’iceberg en fait puisque toute une microsctructure compose les élytres des coléoptères avec des fibres de chitine enchevêtrées autour des petits trous : cela diminue le poids tout en augmentant la résistance.
Et puis cette structure à l’échelle microscopique permet de jouer avec la lumière (en déviant les différentes longueurs d’onde de façon différente) et obtenir ces belles couleurs irisées. D’après les scientifiques, cela peut aider au camouflage ou à la thermorégulation.

Et un petit nouveau, jamais aperçu auparavant au cours de mes balades : le Trichius ! Encore un coléoptère. Mais celui-ci est assez poilu, et ressemble fort à un bourdon.

Trichie fasciée

Trichie fasciée, très occupé

On passe aux couleurs plus vives… de beaux rouges pour cette punaise arlequin à ne pas confondre avec les célébrissimes gendarmes ou pyrrhocores (Pyrrhocoris apterus) ! Des couleurs vives de la sorte, permettent de mieux échapper aux prédateurs (oiseaux) car elles envoient un signal indiquant une toxicité certaine !

Punaise arlequin

Les gendarmes

Alors si on regarde attentivement, on peut même voir des œufs cachés sous les feuilles. En général ce sont des œufs de punaise.

Oeufs de punaise

Oeufs de punaise

oeufs de punaise

Oeufs de punaise en cours d’éclosion

Oeufs de punaise en cours d’éclosion

Et puis, côté cultures, j’ai pu suivre le développement des plants de pomme de terre : de la mise en place des buttes, jusqu’aux plants à quasi maturité. Mais je n’y reviens pas, j’avais déjà consacré un billet à cette culture (à retrouver ici).

La mise en place des buttes et la plantation se font conjointement

Les premières étapes de la culture

Champ de pommes de terre

Et je termine sur ces belles gouttes d’eau aux formes bien sphériques particulièrement visibles grâce à la rosée du matin. Ce sont les liaisons hydrogène qui associent les molécules d’eau les unes aux autres qui permettent de les rapprocher au maximum et de présenter une surface de goutte réduite (elle ne s’étale pas).

Les gouttes de rosée, d’un peu plus près

NB : Les indications thérapeutiques des plantes sauvages précisées tout au long de ce billet ne doivent pas servir de base pour une auto-médication. Elles sont juste là pour préciser des informations fort générales. N’hésitez pas à consulter votre médecin ou pharmacien.

Références
:

Miliauskas G. et al., « Antioxidant activity of Geranium macrorrhizum »,  European Food Research and Technology, 2004, 218(3):253-261

Sharifi-Rad et al., « Inhibitory activity on type 2 diabetes and hypertension key-enzymes, and antioxidant capacity of Veronica persica phenolic-rich extracts », Cell. Mol. Biol.,2016, 62 (6): 80-85

Jiyu Sun et al., « Structure and mechanical properties of beetle wings: a review », RSC Advances, 2012, 2, 12606–12623

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