Edith Farkas, vous connaissez ?

Aujourd’hui, 11 février, c’est la journée internationale des femmes et des filles de sciences. L’an dernier j’avais présenté un petit bilan de mes billets dédiés aux femmes investies dans différentes thématiques scientifiques. Cette année, je vous propose un petit focus sur Edith Farkas, une femme scientifique qui a joué un rôle déterminant dans notre compréhension de l’impact environnemental lié aux activités humaines. Sa démarche a aussi permis de montrer que le suivi régulier (et sur une longue durée) de paramètres clé était une approche fiable pour détecter des changements et pouvoir réagir pour en limiter les conséquences.

Edith Farkas, météorologue et son instrument de prédilection : un spectrophotomètre

Edith Farkas était une météorologue, née en 1921 en Hongrie, réfugiée en Autriche durant la Seconde Guerre mondiale puis quelques années plus tard, émigrée en Nouvelle Zélande. Elle a reçu une formation scientifique (Mathématiques et Physique) à Budapest puis a poursuivi ses études (Master de Sciences en Physique) à Victoria University de Wellington.
Elle a démarré sa carrière comme météorologiste et s’intéressait à la circulation des masses d’air au sein de la stratosphère. Puis elle a commencé à suivre l’ozone O3 : une façon de comprendre la météo et d’anticiper, car l’ozone était à l’époque utilisée comme molécule “traceur” afin d’analyser les circulations des masses d’air. Elle a ainsi réalisé et capitalisé de nombreuses observations, pendant un peu plus de 3 décennies et s’est même déplacée en expédition au niveau de l’Antarctique (une première !).

Les retombées de son travail
Son travail a permis aux scientifiques de la fin des années 70 de s’appuyer sur les données qu’elle avait accumulées pour mettre en évidence l’amincissement de la couche d’ozone au niveau des pôles.
N’assurant plus son rôle de protection, la couche amoindrie mettait en danger la vie sur Terre ; les rayons nocifs du Soleil pouvant plus facilement traverser la couche protectrice.
Le gros du travail d’Edith Farkas a également consisté à savoir exploiter correctement l’instrument qui permettait de mesurer l’ozone : comme toute technique de pointe, le spectrophotomètre Dobson (du nom du scientifique qui l’a mis au point) nécessitait calibration et corrections à apporter afin d’obtenir des résultats de qualité.

C’est donc en partie grâce au minutieux travail de longue haleine d’Edith Farkas, que la prise de conscience du trou de la couche d’ozone a été mondiale et que tout a été mis en oeuvre pour diminuer et même interdire l’usage des chlorofluorocarbures (CFC) utilisés massivement dans l’industrie du froid et les bombes aérosol pendant de nombreuses années. Ces composés chlorés se transformant dans les hautes altitudes par les rayons du soleil, ils génèrent des produits qui détruisent les molécules d’ozone.
Les choses semblent améliorées mais il faut rester vigilants.
Edith Farkas est décédée en 1993, à l’âge de 71 ans.

Pour en savoir plus :
https://www.royalsociety.org.nz/150th-anniversary/150-women-in-150-words/1918-1967/edith-farkas/

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