Nature : entre collaboration et affrontement !

C’est un fait indéniable : de toutes parts, la Nature donne des signes de souffrances et les Hommes, du moins certains d’entres eux, cherchent à la protéger voire la restaurer … Mais elle sait aussi se montrer menaçante et les épisodes sanitaires que nous vivons actuellement nous le rappellent avec force : on a encore beaucoup à apprendre pour la comprendre, la protéger et s’en protéger car finalement nous ne sommes pas « aussi invincibles » qu’on pourrait le penser. Face à ces deux aspects, une même approche : la comprendre et l’étudier.
En lien avec ces thématiques, je vous propose une petite revue de presse du dernier numéro de Science (sorti le 10 avril 2020) en passant en revue quelques uns des sujets qui ont attiré mon attention.

Une Nature en souffrance
Dans ce numéro, il est question de la grande barrière de Corail : le plus célèbre et le plus grand des récifs situé au Nord de l’Australie ne se porte pas bien et cela se traduit par son blanchiment. En février dernier, un nouveau record a été franchi en lien avec l’augmentation des températures des océans. C’est le 3e épisode de la sorte subi ces 5 dernières années, et il touche des zones plus froides du récif situées au sud. Pour tirer ces conclusions, les scientifiques ont inspecté plus de 1000 points !

Rappelons que le blanchiment est dû au fait que le corail qui vit normalement en symbiose avec de petites algues (qui apportent la couleur par leurs pigments) rejette, sous l’effet du stress, ses compagnons de vie ce qui le rend vulnérable et menace sa propre survie.

Les coraux blanchissent car ils perdent les minuscules algues avec qui ils vivent en symbiose… Ils se fragilisent.

Ce numéro aborde aussi la question des forêts et celle de l’évolution possible des arbres face au réchauffement climatique et aux différents stress. Les forêts sont des pièces maîtresses dans les phénomènes en jeu dans le climat notamment en raison de leur implication dans le cycle de l’eau et celui du carbone. De plus, les scientifiques s’y intéressent de près puisqu’elles sont des lieux de haute biodiversité, en particulier les forêts tropicales. Il est par exemple crucial de déterminer quelles espèces d’arbres vont résister aux conséquences du changement climatique ou comment la forêt peut se régénérer après un stress. Les espèces qui poussent vite, nécessitent beaucoup de lumière mais sont moins résistantes et réciproquement. Alors facile, me direz-vous ? En fait, non, ce n’est pas si simple car d’autres paramètres rentrent en ligne de compte ! Ainsi lorsque la diversité est trop élevée, il faut bien pour mener les études « regrouper » les espèces pour diminuer la complexité de la tâche. Des chercheurs ont étudié de près la question et ont montré qu’en ne prenant en compte qu’un petit nombre de niches, il est possible de saisir l’évolution de la forêt entière.

Des espèces qui luttent entre elles ou qui collaborent ?
Tout agriculteur qui cultive le blé le redoute ! De quoi s’agit-il ? De la fusariose, une maladie fongique qui ratatine le grain de blé et qui peut même conduire à la présence de toxines dans la future ressource alimentaire. Alors les fongicides ? Dans la mesure où la maladie survient en période de saison humide, les fongicides sont vite lessivés. Mais les chercheurs ont mis en évidence un gène présent dans une espèce de graminée sauvage (« l’agropyre intermédiaire »), résistante à cette maladie. Le gène code pour une enzyme qui détruit les toxines. Et le plus incroyable dans l’affaire, c’est que ce gène « protecteur » proviendrait d’un champignon vivant en symbiose avec la plante qui aurait intégré ce « gène ».
Les recherches ont permis d’identifier avec précision quel était ce gène présent dans la plante sauvage : retenez son nom, c’est le gène Fhb7 ! Et la nouvelle pourrait permettre de mettre au point de nouveaux outils pour protéger les récoltes et pas que de la fusariose !

A très vite pour la suite de cette revue « Science », sur le sujet actuel de la pandémie.

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