Salon de l’Agriculture #1 : des chèvres au poil long

Alors pour moi, c’était une première ! Et je souhaitais partager ici, quelques unes de mes découvertes. Alors je n’y suis pas allée pour « admirer » toutes ces espèces bovines présentées aux salons (d’autant plus que je ne mange pas de viande) … Elles étaient magnifiques, mais je préfère, de loin, les admirer au milieu d’un pré !
Mon envie de visiter ce salon était surtout motivée par la curiosité de découvrir tout le reste : les présentations des terroirs, les ateliers pédagogiques, les cultures, les problématiques à comprendre et les voies vers des solutions, le travail, les contraintes et efforts de l’industrie agroalimentaire …

On commence quand même par les animaux, ceux que j’ai trouvé vraiment trop mignons et bien traités ! Je vous avouerais que j’ai un petit faible pour les races ovines (les moutons, brebis) et les races caprines (les chèvres).
Voici la brebis solognote, avec sa tête brune, une race ovine rustique bien adaptée aux sols pauvres et humides. C’est une espèce protégée qui fait l’objet d’un programme de conservation… Cette espèce aime défricher et consomme les plantes ligneuses, celles qui contiennent beaucoup de lignine (une molécule qui apporte rigidité à la structure) et qui sont donc un peu « coriaces » ! De ce fait, la solognote est utilisée pour les aménagements paysagers dans les landes et la forêt !

Les chèvres aussi sont intéressantes pour leur capacité à tout grignoter. Voici mon premier coup de cœur pour la chèvre des fossés, connue aussi pour sa faculté à débroussailler les espace naturels ! Des démarches de sauvegarde de l’espèce ont été mises en oeuvre depuis ces 10 dernières années. Et tant mieux car elle est magnifique !

Bouc des fossés

Gros coup de cœur aussi pour la chèvre angora (on l’appelle aussi « chèvre du Tibet »), qui ne manque pas d’attirer l’œil par ses grandes mèches longues et soyeuses, qui peuvent pousser de plus de 2,5 cm/mois. Cette chèvre, une race très ancienne (2000 ans avant JC visiblement) est d’ailleurs élevée pour la fibre « mohair »…

Chèvre angora

Angora/Mohair, on a tendance à confondre un peu les deux : c’est bien la fibre qui porte le nom de « mohair ».
Le saviez-vous ? Chez les chèvres, il y a deux types de toisons : des poils longs qui forment une couche extérieure assurant une protection physique et une couche laineuse proche de l’épiderme pour assurer l’isolation thermique.

En règle générale, chez les chèvres ordinaires, ce sont les deux types de fibres qui sont utilisées. Les fibres « cachemire » sont l’autre type de fibre issues du pelage des chèvres : il s’agit du petit duvet soyeux le plus proche de la peau qui est utilisé.
Les chèvres angora sont uniquement équipées de longues fibres relativement larges en diamètre (30 µm chez l’adulte), environ le double de celles du cachemire. En effet, les fibres de la couche de base poussent en plus grand nombre et deviennent longues et épaisses : l’origine biologique de cette modification (mutation génétique) reste un mystère.
Ces fibres « mohair » sont très appréciées pour le textile car elles sont légères et ont une bonne capacité d’isolation thermique. Ces fibres sont brillantes et possèdent de bonnes propriétés mécaniques (liées à la grosseur des fibres). L’éclat s’explique quant à lui, par les caractéristiques des cellules du cuticule des fibres (ce sont des plaques de kératine disposées en écailles).
En y regardant de plus près comparativement aux fibres de laine, c’est-à-dire au MEB, il semble bien que les fibres mohair soient plus lisses et uniformes sur leur longueur avec des écailles de kératine plus jointives. Je pense que cela peut aussi expliquer les différences de propriétés mécaniques avec la laine.

Note finale : cet article n’a sa raison d’être que de montrer certains aspects de ma visite et ma compréhension de ce que j’y ai vu. L’industrie du mohair (comme d’autres) est parfois pleine d’abus et de cruauté envers les animaux. Je ne cautionne évidemment par cette utilisation animale avec souffrance à la clé pour des effets de mode ou toute autre cause.

On se donne rendez-vous prochainement pour un second épisode où on parlera des produits laitiers, et de l’huile d’olive !

Références :
M. Ryder, « The use of goat hait : an introductory historical review », lien

Lilioara Surdu, « European Good Practices in Eco-creativity, natural fibres, short value chains », National Research & Development Institute for Textiles & Leather, 2017

 

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