5 Femmes de Sciences …

Commencé le 12 mai, ce billet est sorti un peu en retard… Mon but était de mettre en avant quelques femmes de Sciences nées le 12 mai, il y en a un petit paquet … Pourquoi cette date ? Tout simplement, parce que l’an dernier, je vous avais parlé de la mathématicienne Maryam Mirzahkani, née le 12 mai 1977 et qu’en fait, beaucoup d’autres grandes dames nées ce même jour ont fait des découvertes importantes que j’aimerais souligner. L’occasion de parler de Femmes et de Sciences 😉

credit: Murdoch Childrens Research Institute


Ruth Bishop
est née le 12 mai 1933 (donc actuellement âgée de 86 ans) et c’est une virologue australienne : un métier qui nous intéresse de près en ces temps de crise sanitaire. Sa découverte ? Grâce à ses observations de cellules au microscope électronique, cette dame a fait la lumière sur les problèmes de gastro-entérites qui touchent les jeunes enfants et dont la mortalité est élevée. En 1973, elle met en effet le doigt, avec son équipe, ou devrais-je dire l’œil, sur l’origine de ces diarrhées aiguës mortelles des petits car elle détecte au sein des tissus issus de biopsie un nouveau type de virus, non enveloppé et qui se présente sous la forme de « petites roues », ce qui lui vaudra le nom de « rotovirus ».
Elle ne comprend l’importance de sa découverte que grâce à la réaction enthousiaste de la communauté scientifique à la lecture de  la publication de ses résultats dans la littérature dédiée. Cette analyse a permis le développement d’un meilleur diagnostic clinique et a conduit à sauver des vies. Après plusieurs difficultés, tout cela a débouché sur la mise au point d’un vaccin !
Une grande partie des travaux de Ruth Bishop ont été consacrés à l’étude du développement de l’immunité chez le nouveau-né et elle a apporté soutien et conseil à l’OMS durant toute sa carrière.

Intéressons nous maintenant à Joan Anderson (née le 12 mai 1932), une de ses contemporaines, australienne elle aussi. Elle nous a quittés, il y a seulement quelques années (Août 2015).
Elle était chimiste de formation mais elle est surtout connue pour sa carrière comme grande biologiste. Sa spécialité : les végétaux et c’est grâce à elle qu’on connaît aussi bien les processus de la photosynthèse chez les plantes vertes. Elle a, par exemple, montré que l’absorption de lumière était liée à deux composants distincts au sein des plantes vertes qu’elle a isolés et explicités. Elle s’est aussi focalisée sur l’analyse de la régulation des phénomènes en jeu, et a expliqué le rôle délétère des UV sur la photosynthèse et la plante elle-même.

Une autre scientifique, née le 12 mai 1979, mérite qu’on évoque ses travaux, d’autant plus que sa vie et sacarrière fut de courte durée :elle a disparu à l’âge de 32 ans.
Ainhoa Murua Ugarte était une jeune biochimiste espagnole, elle a travaillé sur la mise au point de traitements visant une meilleure efficacité dans les maladies chroniques ou les maladies comme Alzheimer ou Parkinson par la micro-encapsulation de cellules spécifiques et leur implantation dans le cerveau. Cela implique d’emballer des cellules spécifiques de biomatériaux de manière à ce que ces microparticules secrètent des protéines d’intérêt thérapeutique délivrées de façon localisée et pouvant passer la barrière hémato-encéphalique.

Dorothy Crowfoot Hodgkin est née le 12 mai 1910 et c’est un chimiste britannique. Comme toute bonne chimiste, elle s’est intéressée à la matière et sa structure. Mais le lien avec la biologie n’est pas bien loin ! En effet, Dorothy Crowfoot s’est distinguée par un apport majeur dans la détermination de l’agencement dans l’espace de molécules biologiques grâce à des échantillons cristallisés. Pour cela, elle a largement utilisé et perfectionné la méthode reposant sur la diffraction des rayons X.
Comment ça marche ?
Les rayons X sont des ondes électromagnétiques de forte énergie et de courte longueur d’onde, si courte, qu’elle est du même ordre de grandeur que les distances entre plans d’atomes dans une molécule. Les rayons X interagissent de manière intéressante avec la matière « ordonnée » de l’échantillon car celle-ci réémet des rayonnements qui interférent et se renforcent si l’organisation spatiale des atomes est régulière. Les caractéristiques de ces rayons diffractés permettent de remonter, grâce à un certain nombre de lois physiques, à l’agencement spatial des atomes ou molécules présents.

Ainsi, Dorothy a en particulier travaillé sur l’insuline, et ce, dès 1934 en analysant des cristaux. Ce n’est qu’en 1969, que le mystère de sa structure a pu être levé. Dorothy a aussi travaillé sur la pénicilline et la vitamine B12.
Notons qu’elle a reçu le prix Nobel de Chimie en 1964 pour son travail reposant sur la technique de diffraction des rayons X.

Molecular model of Penicillin by Dorothy Hodgkin, c.1945. Front three quarter. Graduated grey background.

On change de siècle, avec la présentation de Florence Nightingale. Née le 12 mai 1820, cette infirmière britannique s’est fait remarquer par son utilisation remarquable des statistiques.
Douée par les mathématiques depuis toujours, elle intègre les analyses statistiques dans son approche des soins et des conditions sanitaires, notamment en raison de ses observations lorsqu’elle vient en aide aux soldats durant la guerre de Crimée. Cette analyse lui permet d’établir des recommandations et d’ajuster au mieux la formation du personnel militaire de santé. La mortalité des soldats a été considérablement réduite !

L’idée de cet article m’est venue suite à la lecture des publications de https://mujeresconciencia.com/

2 comments for “5 Femmes de Sciences …

  1. Jean-François
    15/05/2020 at 16:26

    Merci Pascale pour ce billet, le site espagnol est vraiment très intéressant.
    Une démarche dans le même sens a été effectuée dans mon université à Toulouse où les noms des rues et avenues du campus on été renommées ainsi que ceux de nouveaux amphi, dont l’Auditorium de grand standing.
    Par exemple Rose Dieng-Kuntz, Marianne Grunberg-Manago, Rosalind Franklin et Marthe Condat ont été mises à l’honneur. Cela change des sempiternels Lavoisier et Ampère.
    Il y a même à présent à Toulouse une allée Matilda en référence à Matilda Joslyn Gage.
    Dans mon laboratoire, la parité homme/femme est quasi parfaite pourtant, les chercheurs invités dans les congrès restent majoritairement des hommes…
    En ce qui me concerne, je ne respecte pas la parité puisque sur mes 7 derniers doctorants recrutés…6 étaient des doctorantes 🙂

    Jean-François

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