Des mères incroyables !

Nous les mamans, sommes souvent aux petits soins pour nos « petits ». Une irrésistible envie nous pousse à prendre dans nos bras et réconforter nos bébés dès qu’ils manifestent de l’inconfort… on les nourrit, on leur apprend à marcher, à jouer, à parler, à découvrir le monde pour qu’ils grandissent et deviennent des êtres épanouis et indépendants qui à leur tour prendront soin des leurs !

Dans le règne animal, est-ce que ça se passe comme ça aussi ? Vous seriez peut-être surpris(e) à quel point, cette relation mère-enfant privilégiée peut aussi être présente chez certaines espèces. Voici une petite sélection – bien choisie – de comportements assez fantastiques.

Nous avions déjà parlé de certaines espèces d’araignée au comportement maternel assez époustouflant. C’est le cas de l’espèce terricole, « Coelotes terrestris  » : la mère après la ponte, reste à proximité des petits et les nourrit avec des proies qu’elle régurgite. Mais le plus incroyable, c’est que cela va parfois bien plus loin : si la mère meurt, la descendance se nourrit du cadavre de la mère … Bref, on finit les restes !

Pour protéger leurs petits, certaines mères sont capables d’aller très loin et de vivre des situations plutôt inhabituelles. C’est le cas de la femelle Calao des Célèbes (mais aussi le Calao bicornu) qui dépose ses œufs au creux d’un arbre (remodelé au besoin par des coups de becs bien placés) et s’y enferme en scellant l’ouverture avec de la boue, ses déjections, et de la chair de fruits). Seul un petit trou persiste ! Et le mâle vient nourrir sa dulcinée et les petits pendant plus de deux mois. Une chouette façon de se protéger des prédateurs !

Le Calao des Célèbes

Il semble également qu’au même moment, enfermée dans son nid, la femelle subisse une mue (renouvellement de son plumage) qui ne lui permette plus de voler ! En pareille situation, il est d’autant plus important de pouvoir compter sur son conjoint.

Chez maman crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), de façon surprenante, la tendresse envers sa descendance est également au rendez-vous ! L’ensemble de ses œufs est enterré sous le sable ou la terre et les surveille du coin de l’œil pendant trois longs mois (elle dépose même parfois son urine à l’endroit du nid enterré de façon à éviter que le sol ne durcisse trop).
Attention, la température est un paramètre important pour la détermination du sexe (ce n’est pas la génétique qui décide… sur ce point chez cette espèce). Nous en avions déjà parlé ici, dans le cas du dragon barbu.

Sortie de terre pour le petit crocodile du Nil

Une fois libérés de la coquille, les petits poussent des cris qui alertent la mère ; elle les dégage de la couche de terre qui recouvre les coquilles puis les prend dans sa gueule pour les protéger et les amener jusqu’au plan d’eau le plus proche !

 

On ne saurait trop terminer ce sujet sans évoquer le cas de la femelle orang-outan dont la relation avec son « petit » est remplie de tendresse, d’interactions et de communications très spéciales. Durant ses premières années de vie, le jeune orang-outan vit accroché à sa mère à chaque instant. Cela peut durer jusqu’à ses 8 ou 9 ans.

Crédit Photo : Tony Hisgett

Certains scientifiques cherchent à comprendre et avancent des hypothèses permettant d’expliquer cette relation étroite et longue « mère-enfant » chez l’orang-outan. L’une d’elles est la suivante : l’accès à la nourriture peut parfois s’avérer difficile ; or la mère sait où trouver des ressources, de plus, son métabolisme est plus adapté pour digérer certains aliments (écorce ou certaines graines). Dans ces conditions, la consommation du lait maternel est vital pour le petit et peut expliquer le besoin de proximité.

Le sujet de ce post m’a été suggéré par la découverte de ce très joli livre de Rachel Buchholz, paru en mai 2017 aux Editions WhiteStar avec de magnifiques photos, des textes explications, et de délicieuses citations.

Liens
https://en.wikipedia.org/wiki/Nile_crocodile
https://fr.wikipedia.org/wiki/Calao_bicorne
T.M. Smith et al. Cyclical nursing patterns in wild orangutansScience Advances. Vol. 3, published online May 17, 2017, p. e1601517. doi: 10.1126/sc1adv.1601517.

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