De l’infiniment petit à l’infiniment grand !

Evidemment, j’exagère un peu avec ce titre… parce que l’infini c’est si gigantesque (dans un sens ou dans un autre) qu’on a peine à se l’imaginer (je vous renvoie à cet excellent billet sur Kidiscience) ! Il s’agit juste ici, de thématiques dans le domaine de l’extrêmement « petit », en tous cas invisible à l’œil nu et dans le domaine de l’extrêmement grand… surtout en termes de distances.
Et pour cela, je voulais vous présenter aujourd’hui deux ouvrages que j’ai adorés, sortis en 2016, l’un récemment (novembre), l’autre en mars. Je les ai lus en un éclair, tant les sujets étaient passionnants (pour un esprit un tantinet curieux), l’écriture était fluide et les concepts clairs.

Plongée dans le monde de l’invisible, du minuscule !
Dans ce livre de Carl Zimmer, journaliste scientifique, on parle de toutes petites choses passionnantes mais aux tels pouvoirs ! Nous les côtoyons à tout instant dans notre quotidien : les virus. Ils font un peu peur, n’est-ce pas ? En effet, ils sont souvent considérés comme des agents pathogènes, associés à des maladies, des infections, inflammations, voire des épidémies … ou à minima de l’inconfort. Mais les connaissons-nous vraiment ? Il est vrai que certains virus sont mortels mais d’autres sont inoffensifs voire même utiles. Carl nous fait plonger dans un monde époustouflant et fascinant des virus, voici « Planète de Virus« , en version française (traduction conduite par Alan et Karim de Big Bang Science Communication dont le travail pour le parfait rendu des images utilisées par l’auteur dans la langue d’origine, est impressionnant).

Découpé en 10 chapitres (avec un avant-propos et un épilogue non moins sympathiques), « Planète de virus » nous fait découvrir les virus sous toutes les coutures : leurs spécificités, les lieux où on les trouve, les formes qu’ils peuvent revêtir, les stratégies utilisées pour se propager, infecter et interagir avec notre organisme ou détruire les bactéries (les bactériophages), leurs effets sur l’homme et son évolution (au sens Darwinien) ainsi que sur la planète, l’histoire de leur découverte, les démarches scientifiques qui jalonnent les recherches, des anecdotes liées à leur manifestation et quelques points de focus sur tout ce qu’il reste encore à découvrir pour comprendre les mécanismes d’attaques, endiguer des fléaux et tout ce qui pourrait encore se passer (bref anticiper !).

Vous voulez quelques exemples ?
Pour leurs lieux de villégiature, c’est assez simple : on les retrouve partout, d’ailleurs, « la Terre est une planète de virus ». On voyage ainsi au fin fond de la grotte de Naïca, jusqu’aux profondeurs des océans mais aussi au sein des plantes, des animaux, des mammifères (et comment !)…

Quelques traits de caractère concernent leur trèèèès petite taille, leur énorme diversité, leur infinie quantité en tous milieux, et s’il me faut retenir une chose, c’est qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac pour palier à leur petit nombre de gènes (ce sont des entités très simples) pour aller de l’avant et manipuler le vivant ! C’est d’ailleurs ce qui explique leur grande diversité : en perpétuelle évolution pour trouver un hôte.
Alors on côtoie les plus vieux virus qui soient tels que le Rhinovirus (et pourquoi il existe encore peu de remèdes), les multiples visages du virus de la grippe (et ses liens encore obscurs avec le système immunitaire), le papillomavirus, les bactériophages, les rétrovirus, Mamavirus, le VIH, Ebola…
Le travail des chercheurs est fantastique : sans relâche, ils étudient, mènent des expériences, comparent des séquences ADN virales, répertorient des fragments d’ADN, traquent mais jamais ils ne s’arrêtent car on n’est loin d’avoir fait le tour.
Parmi les anecdotes qui m’ont vraiment marquée, c’est bien sûr celle du Jackalope, une légende reposant sur un fond de vérité. C’est l’histoire d’un lapin à cornes… Ces excroissances peuvent réellement survenir et sont liées au VPH (Papillomavirus humain) qui s’attaque aux cellules épithéliales (peau ou muqueuses) déclenchant parfois une tumeur cancéreuse. Le mécanisme, ce qu’ont sait et ce qu’on suppose, est alors clairement décrit. Passionnant et stupéfiant !

Et puis, dans la série émotion, sachez qu’on peut remercier les virus de nous avoir permis, nous les mamans de pouvoir sentir bouger nos bébés dans nos ventres ! Sans eux, enfin sans la famille de rétrovirus endogènes humains (HERV), pas de placenta efficace et pire, peut-être pas d’évolution pour les premiers mammifères ! Le tout étant lié à la présence de la protéine « syncytine », retenez ce nom, on en reparlera 😉
Bref, si vous voulez creuser tout cela, sans vous prendre les pieds ou les neurones dans des concepts ardus, foncez sur « Planète de Virus« , un ouvrage publié par les Editions Belin (collection Sciences à Plumes). Et n’oubliez pas, « Il y a plus de virus sur la Terre que d’étoiles dans l’univers »… alors les étoiles et l’univers, parlons-en !


Plongée dans le monde de l’infiniment grand !

Couverture noire, une jolie photo de notre belle planète bleue, et un contenu passionnant à vous faire rêver de grandes explorations…voilà pour les points communs avec « Planète de virus ». Mais là, on part dans l’infiniment grand !

Florence Porcel, jeune femme dynamique et pétillante, vous la connaissez sûrement via sa chaîne You Tube (La Galaxie de Florence Porcel, la Folle Histoire de l’Univers, mais pas que) : elle nous dévoile et vulgarise tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la conquête de l’espace ! Et là, elle a publié, aux Editions Marabout, son premier ouvrage : « L’espace sans gravité, histoires insolites de l’exploration spatiale ».


Alors qu’y trouve-t-on ? Evidemment plein de petites anecdotes et d’histoires (avec de l’Histoire) truffées d’humour et de bons mots… mais c’est surtout un bel hommage à l’Homme qui est ici rendu. L’Homme avec ses forces mais aussi ses faiblesses.
Pour les faiblesses, citons :
– sa condition d’être vivant en ces conditions extrêmes dans l’espace lui pose quelques soucis (le caca, oui on en parle, on commence même par là ! ou les poils des astronautes qui ne sont pas toujours les bienvenus). Pour sauver sa peau, il peut même être amené à désobéir les ordres…
– les quelques erreurs inhérentes à toute aventure, souvent très bêtes mais aux conséquences parfois dramatiques… Mais au fait, qui ne fait pas d’erreur ? On s’est tous trompé de numéro de téléphone un jour ou l’autre, non ? Ou bien, citez moi quelqu’un qui ne s’est jamais gouré dans les unités d’un exo ou dans la vie courante ? Et bien.les astronautes aussi !
– les émotions… qui ne sont vraiment pas des faiblesses : un carburant sûrement pour aller plus loin. On retrouve ici les peurs, les joies, les doutes.

Pour les forces, Florence nous rappelle à chaque instant, les exploits et les capacités formidables des hommes et des femmes dans les domaines variés pour que l’ensemble des missions spatiales voient le jour et soient des réussites : les mathématiques, l’informatique, la physique pour le calcul des trajectoires, des forces, des vitesses, des énergies, des caractéristiques des matériaux,… l’ingénierie spatiale, la biologie (comprendre le comportement des organismes en micro-gravité)…

Evidemment, l’hommage est rendu à travers les Grands Noms (et leurs missions), ceux qu’on connaît (de nom au moins – Y. Gagarine, A. Leonov…) mais aussi les autres, au rôle capital mais dont on parle peu… Les femmes par exemple !
Une grande place leur est consacrée dans cet ouvrage (et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre) ; ce n’est que juste retour des choses. Tant à dire sur leur combat pour une juste reconnaissance de leur valeur, tant à dire sur leur ingéniosité, leur réussite dans des missions de 1e importance, leur puissance de travail, leur force de caractère, les injustices et discriminations dont elles ont été victimes dans un domaine façonné par les hommes pour les hommes. Ainsi on partage quelques secrets de :
– Valentina Terechkova, première femme cosmonaute à effectuer un vol dans l’espace,
– Katherine Johnson, mathématicienne, physicienne qui a énormément contribué aux calculs théoriques des trajectoires des vols spatiaux, et mis au point un système de navigation de secours,
– Margareth Hamilton, informaticienne, mathématicienne, pionnière de l’informatique, qui a conçu des programmes corrigeant des erreurs humaines (et dans ce domaine, celles-ci ne pardonnent pas) et l’histoire lui donne raison !
– Vera Rubin, astronome américaine, passionnée par les étoiles, dont les travaux ont permis de mettre en évidence la matière noire,
– Cecilia Payne, astrophysicienne dont la thèse a permis de mettre au clair la composition des étoiles !

Bon, c’est un ouvrage assez riche et on balaie vraiment tout ce qui concerne l’espace : les étoiles, la lune, le Big Bang, les  lanceurs, la mission Rosetta, l’ISS, les systèmes d’amarrage, les radiotélescopes spatiaux (Hubble), les robots explorateurs, la NASA, le CNES…

Voilà, bref, un grand merci Florence de nous faire partager si joliment ta passion !

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